posté le 17-09-2018 à 20:03:30

L’oreiller d’un enfant.

 

L’oreiller d’un enfant.

 

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,

 Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !

 Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,

 Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

 

 Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,

 Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;

 Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !

 Maman ! douce maman ! cela me fait gémir …

 

                            Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

 

 

 

Marceline Desbordes-Valmore naît le 20 juin 1786 à Douai dans le Nord de la France.

C’est une poétesse française reconnue pour la richesse et la variété de son lyrisme romantique. Surnommée « Notre-Dame-des-Pleurs » en raison des drames qui jalonnent sa vie, elle émeut par sa sincérité et son talent naturel.

Elle épanche dans sa poésie toutes les peines qu'elle a connues durant sa vie. Ses poèmes traduisent ses cris de passion, ses élans vers l’au-delà, et la nostalgie du pays natal. Son talent poétique se voit reconnu par les symbolistes, notamment Rimbaud et Verlaine, qui applaudissent son absence de rhétorique.

Elle meurt d’un cancer le 23 juillet 1859 à Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Fanny39  le 18-09-2018 à 10:19:51  (site)

Merci, je vous recommande la lecture des romans de Françoise Azoulay pour une rentrée littéraire réussie

2. Florentin  le 18-09-2018 à 16:04:33  (site)

Joli sujet, original et chargé d'émotion. Comme on en trouve souvent chez ce poète (je ne me résous pas à dire et écrire poétesse).Florentin

3. anaflore  le 24-09-2018 à 07:37:43  (site)

Douceur de l oreiller confident
de nos rêves
Bon lundi

4. zyla  le 05-10-2018 à 12:20:14  (site)

Joli et doux objet qui nous accompagne dans nofre sommeil, dans nos rêves, nos insomnies!

5. zyla  le 16-10-2018 à 12:33:11  (site)

Bonjour!
pour revenir à B.A.Paris, oui il y en a un autre mais j'attend qu'il sorte en poche!

6. zyla  le 16-10-2018 à 12:38:12  (site)

Bonjour, merci pour le gentil commentaire laissé sur mon blog!
oui je sais que B.A.Paris à sortit "Deffaillences" mais j'attend qu'il sorte en poche!
Si je peux faire découvrir des auteurs, j'en suis ravie!

 
 
 
posté le 07-08-2018 à 19:22:53

Grammaire.

Grammaire.

 

Peut-être et toujours peut-être

Adverbes que vous m’ennuyez

Avec vos presque et presque pas

Quand fleurissent les apostrophes.

 

Est-ce vous points et virgules

Qui grouillez dans les viviers

Où nagent les subjonctifs

Je vous empaquette vous ficelle.

 

Soyez malin paragraphes

Pour que les prophéties s’accomplissent

Bâtard honteux des grammairiens

Et mauvais joueurs de syntaxe.

 

Sucez vos impératifs

Et laissez-nous dormir

Une bonne fois

C’est la nuit

Et la canicule.

 

                            Philippe Soupault (1897-1990).

 

 

 

 

 


Philippe Soupault.

Écrivain français (Chaville 1897-Paris 1990). Il participa au mouvement dada de 1918 à 1920 et fonda en 1919, avec Breton et Aragon, la revue Littérature, où il publia, en collaboration avec Breton, les Champs magnétiques, premier texte surréaliste, qui fait appel à l'écriture automatique. Ayant rompu avec le surréalisme, cet observateur passionné de la réalité du monde se consacra aux voyages et au journalisme. Essayiste (William Blake, 1928 ; Charlot, 1930), romancier (le Bon Apôtre, 1923 ; les Moribonds, 1934), il publia en 1973 l'ensemble de son œuvre poétique sous le titre Poèmes et Poésies 1917-1973 ainsi que ses Mémoires de l'oubli (1914-1980) en 1981.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 08-08-2018 à 16:53:05  (site)

J'avoue que je n'aime pas le désordre dans l'écriture. J'essaie de respecter la grammaire, celle j'ai apprise il y a longtemps, au temps où la langue classique était à la mode. Mais bon, je ne suis pas, non plus, contre la liberté d'écriture, celle qui veut rendre les textes vivants. Florentin

2. christineb  le 08-08-2018 à 21:32:25  (site)

Un poème de circonstance. Bravo pour la photo du jour et bon jeudi.

 
 
 
posté le 29-06-2018 à 19:53:21

La Vieille Femme De La Lune.

 

 

La Vieille Femme De La Lune.


On a beaucoup parlé dans la chambre, ce soir.

Couché, bordé, la lune entrant par la fenêtre,

On évoque à travers un somnolent bien-être,

La vieille qui, là-haut, porte son fagot noir.


Qu'elle doit être lasse et qu'on voudrait connaître

Le crime pour lequel nous pouvons tous la voir

Au long des claires nuits cheminer sans espoir !


Pauvre vieille si vieille, est-ce un vol de bois mort

Qui courbe son vieux dos sur la planète ronde ?

Elle a très froid, qui sait, quand le vent souffle fort.

Va-t-elle donc marcher jusqu'à la fin du monde ?


Et pourquoi dans le ciel la traîner jusqu'au jour!

On dort. . .  Nous fermerons les yeux à double tour. . .

Lune, laisse-la donc s'asseoir une seconde.

 

                                                            Sabine Sicaud.

 

 

 

 

 

 

 Sabine Sicaud.

 Née à : Villeneuve-sur-Lot ,  1913

 Morte à : Villeneuve-sur-Lot , 1928

 Jeune poète prodige.

 Elle naît dans une famille aisée. Son père est avocat, ami intime et correspondant de Jean Jaurès.

 Dès l'enfance, elle présente des dons littéraires rares. A 11 ans, elle est l'une des lauréates du "Jasmin d'argent"; à 12 ans "La rose bleue" remporte le 1er prix aux Jeux Floraux Berruyers; elle a 13 ans quand elle publie ses "Poèmes d'enfant", sous l'égide de la comtesse de Noailles. C'est le bonheur de l'enfance, la joie de vivre, la nature, chantés par une âme délicate.

 Après cela, qui n'aurait attendu les recueils de la vingtième année? Hélas! Sabine meurt en 1928, à 15 ans, d'une gangrène des os, après un an d'horribles souffrances. On ne découvrira le martyre de l'adolescente que par ses "Poésies posthumes", en 1958, qui sont des cris de souffrance à l'approche de la mort, à un âge qui repousse l'idée même de la mort.

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 01-07-2018 à 17:51:25  (site)

Un poème étonnement maîtrisé pour une gamine à peine adolescente. Quel malheur que Sabine Sicaud ait disparu si tôt. Elle aurai sûrement eu un parcours des plus fructueux. Je vais aller voir sur Internet si on peut en savoir plus long sur son compte. FDlorentin

 
 
 
posté le 27-05-2018 à 21:37:01

Le lait des chats.

 

"Jeune fille donnant à boire du lait à son chat " 

par Marguerite Gérard* (1761-1837)

 

 

Le lait des chats.

 

Les chats trempent leur langue rose

 Au bord des soucoupes de lait ;

 Les yeux fixés sur le soufflet,

 Le chien bâille en songeant, morose.

 

 Et tandis qu'il songe et repose

 Près de la flamme au chaud reflet,

 Les chats trempent leur langue rose

 Au bord des soucoupes de lait.

 

 Dans le salon, seul le feu glose ;

 Mère-grand dit son chapelet,

 Suzanne dort sur un ourlet,

 Et dans le lait, paupière close,

 Les chats trempent leur langue rose.

 

                                Charles Guérin (1873-1907)

 

 

 

 

 

 

Charles Guérin, né le 29 décembre 1873 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), où il est mort, le 17 mars 1907 est un poète français.

Au sein de sa famille, où il est l’aîné de huit enfants, il reçoit une solide éducation humaniste et religieuse, dont l’influence sur l’œuvre poétique a été déterminante.

Une vive déception sentimentale, un amour malheureux et contrarié, mais surtout une sensibilité irrémédiablement mélancolique et une santé fragile épuisent vite le poète, qui meurt prématurément d’une tumeur au cerveau, à l’âge de 33 ans, en 1907.

 

La sincérité et la profondeur de son œuvre situent Charles Guérin dans la tradition lyrique de la poésie française, entre le Parnasse et le Symbolisme, à la fin du XIXème siècle.

 

 

 

*Marguerite Gérard (Grasse 1761- Paris 1837)

Fille d'un parfumeur grassois, Claude Gérard, Marguerite, à peine âgée de 16 ans, part pour Paris où elle s'établit chez sa sœur Marie-Anne, femme du peintre Jean-Honoré Fragonard.

Si elle sait à peine lire et écrire, la jeune fille n'en montre pas moins de grandes dispositions artistiques et apprend à dessiner, à peindre et même à graver. Tout d'abord élève de son beau-frère elle en devient vite la collaboratrice et même plus diront, sans preuve, certaines mauvaises langues. Cette collaboration se termine à la fin du XVIIIe siècle et Marguerite Gérard peint alors des scènes de famille, intimistes, calmes et heureuses qu'elle expose régulièrement aux Salons, jusqu’en 1824.
Beaucoup de peintures ont une connotation discrètement érotique de par la gestuelle du modèle ou par des accessoires comme par exemple une guitare, un petit chien alerte ou un chat.

 

 

 

 

                                            Marguerite Gérard à 32 ans, miniature sur ivoire.

(François Dumont, 1793, Wallace Collection, Londres)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 31-05-2018 à 15:29:24  (site)

Où ai-je donc entendu cette jolie poésie ? J'ai dû l'apprendre en cours. En primaire peut-être. Quelques uns des vers me chantent à l'oreille. Beau texte qui, c'est vrai, appelle au tableau intimiste. J'aime. Florentin

 
 
 
 

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