posté le 18-01-2018 à 09:29:16

Le papillon.


Le papillon.

 

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,

Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur,

Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,

S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur,

Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,

S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,

Voilà du papillon le destin enchanté !

Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,

Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,

Retourne enfin au ciel chercher la volupté !

 

                   Alphonse de LAMARTINE   (1790-1869)

 

 

 

 

 

 

 

Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier, dramaturge français, ainsi qu'un homme politique qui participa à la Révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Commentaires

 

1. Florentin  le 18-01-2018 à 16:06:11  (site)

Vie enchantée que celle du papillon, mais si courte ! Ne vaut-elle pas mieux pourtant qu'une vie longue et terne ? Cela se discute, comme dirait feu Delarue. Florentin

 
 
 
posté le 11-01-2018 à 09:44:02

L'araignée et l'ortie.

 

 

J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,

        Parce qu’on les hait ;

Et que rien n’exauce et que tout châtie

        Leur morne souhait ;

 

Parce qu’elles sont maudites, chétives,

        Noirs êtres rampants ;

Parce qu’elles sont les tristes captives

        De leur guet-apens ;

 

 Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ;

       Ô sort ! fatals nœuds !

Parce que l’ortie est une couleuvre,

        L’araignée un gueux ;


Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,

        Parce qu’on les fuit,

Parce qu’elles sont toutes deux victimes

        De la sombre nuit.

 

Passants, faites grâce à la plante obscure,

        Au pauvre animal.

Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,

        Oh ! plaignez le mal !


Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;

        Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie

        De les écraser,


Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,

        Tout bas, loin du jour,

La vilaine bête et la mauvaise herbe

        Murmurent : Amour !

 

                                   Victor Hugo (les contemplations-Juillet 1842).

 

 

 

 

 

Victor Hugo est un poète, dramaturge, prosateur et dessinateur romantique français, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a joué un rôle majeur dans l’histoire du XIXe siècle.

Victor Hugo a fortement contribué au renouvellement de la poésie et du théâtre. Il a également permis à de nombreuses générations de développer une réflexion sur l’engagement de l’écrivain dans la vie politique et sociale grâce à ses multiples prises de position, lesquelles l'ont condamné à l’exil pendant les vingt ans du Second Empire.

Ses choix, à la fois moraux et politiques, durant la deuxième partie de sa vie, et son œuvre hors du commun ont fait de lui un personnage emblématique, que la Troisième République a honoré par des funérailles nationales, qui ont accompagné le transfert de sa dépouille au Panthéon de Paris le 1er juin 1885, dix jours après sa mort.

 

 Funérailles nationales de Victor Hugo.

 

 

 

Le Panthéon. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 11-01-2018 à 10:21:00  (site)

Nonobstant le génial Hugo, je n'aime ni les araignées, ni les orties. Et c'est définitif. Désolé ! Florentin

2. anaflore  le 11-01-2018 à 10:57:26  (site)

araignée du matin chagrin
superstitieuse en voir une le matin ça me gache la journée dans l'attente d'une mauvaise nouvelle

bonne journée

3. Fanny39  le 11-01-2018 à 11:21:39  (site)

Très joli blog, les textes sont magnifiques

 
 
 
posté le 05-01-2018 à 10:05:07

Me voici seule à seule......

 

 

 

 

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Maria Zaki est née le 6 décembre 1964 à El Jadida(Maroc)

Maria Zaki a publié en 1994 ses premiers poèmes.

Docteur d'État es-Sciences, elle occupe le poste de directrice de recherche et de développement dans l'industrie chimique en France où elle réside depuis 2002. Parallèlement, elle se consacre à l'écriture de poèmes, de nouvelles, de romans

Elle a la double nationalité marocaine et belge.

Ses sujets de prédilection sont : le statut de la femme dans les pays arabes, le silence, la quête spirituelle, l'altérité et l'aimance.

Elle propose un genre de poésie novateur dont on ne connaît pas d’équivalent dans la poésie  : Poésie entrecroisée. Le concept, initié en 2013, ne trouve pas son originalité seulement dans le duo des poètes mais dans la structure-même des poèmes : chaque poème se compose à la fois de vers de l’un tressés avec ceux de l’autre, en adoptant tout le temps la typographie romaine pour Maria Zaki et l'italique pour Jacques Herman.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Fanny39  le 05-01-2018 à 10:25:57  (site)

Très jolies rimes qui radoucissent l'atmosphère. Bonne année littéraire 2018

2. Florentin  le 07-01-2018 à 17:56:49  (site)

J'ai beaucoup d'admiration pour ces gens qui se réalisent avec le même bonheur dans les sciences et dans les lettres. Quand j'étais au lycée, j'avais un copain qui était aussi fort en mathématique qu'en lettres et ça m'agaçait, moi qui n'étais que littéraire. Il était complet, je n'étais qu'unijambiste. Florentin

 
 
 
posté le 29-12-2017 à 10:06:13

Le passé qui passe. . .

 

 

Le passé qui passe. . .


Je ne reverrai plus les aveux incertains

Qui passaient autrefois sur tes lèvres peureuses,

Ton sourire d'enfant, ni ces objets lointains

Que nous avons touchés avec nos mains heureuses


Peu à peu j'avais fait un beau rêve de toi,

Mon âme le suivait avec mansuétude

Et sans lever les yeux pour le voir devant soi,

Elle a continué la paisible habitude.


Je marche longtemps seul où je fus avec toi,

Je viens au rendez-vous comme un ami docile,

Et je te vois passer doucement devant moi

Pleine d'éloignement et de clarté tranquille.


Ne reviens pas, même un instant, même tout bas. . .

Le paradis des souvenirs mourrait de joie.

Laisse-nous tous les deux dormir ! ne reviens pas

Avec tes petits pieds et ta robe de soie.

 

                                                Henri Barbusse (1873-1935)

 

Henri Barbusse.

 

 

Né à Asnières-sur-Seine (France) le 17/05/1873 ; Mort à Moscou (Russie) le 30/08/1935

Henri Barbusse naît dans un petit hameau près d'Alès, en 1873.

À 22 ans, il publie son premier recueil de poèmes, "Pleureuses". Il écrit ensuite un roman, "L'enfer", qui paraît en 1908. Henri Barbusse a 41 ans lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale. Malgré des soucis de santé, il s'engage volontairement dans l'infanterie. Il relatera son expérience au cœur de la tourmente, sur les premières lignes du front, dans son œuvre la plus célèbre, "Le feu". Paru en 1916, ce roman remporte le prix Goncourt, et vaudra à Henri Barbusse le surnom de "Zola des tranchées". "Le feu" frappe par le réalisme de ses descriptions, qui révèlent l'horreur de la guerre et la misère quotidienne dans les tranchées.

Henri Barbusse écrira d'autres œuvres consacrées à la guerre, comme "Carnets de guerre" et "Paroles d'un combattant". Ses ouvrages suivants, "Le couteau entre les dents" et "Voici ce qu'on a fait de la Géorgie", évoquent la Révolution russe. Henri Barbusse adhère lui-même au Parti communiste français en 1923. Il a pour ambition de créer une "littérature prolétarienne". Lors de l'arrivée au pouvoir d'Hitler, il fonde avec Romain Rolland un mouvement pacifiste d'opposition, rejoint par Albert Camus. Il écrit une biographie de Joseph Staline, et effectue de nombreux voyages en URSS. Il décède en 1935, lors d'un séjour à Moscou. Sa dépouille se trouve au Père-Lachaise.

 

 


Commentaires

 

1. Fanny39  le 29-12-2017 à 11:21:29  (site)

Très joli poème, Bon Week end en attendant 2018

2. Florentin  le 30-12-2017 à 15:36:52  (site)

Nostalgie... Florentin

3. gegedu28  le 31-12-2017 à 16:39:52  (site)

Bonjour,
Je fais vite ce soir,


BONNE ANNEE 2018 !

A l'année prochaine pour de nouveaux écrits.
Amitiés.
Gégédu28

 
 
 
posté le 23-12-2017 à 09:03:13

Petites ouvrières.

Jean-Baptiste Jules Trayer (1824-1909): Atelier de couture (1854)

 

  

 Petites ouvrières.

 

Midi : voici sonner l’heure des ouvrières :

Le soleil cuit l’asphalte mou sur les trottoirs :

C’est l’heure où, sur l’étain vulgaire des comptoirs,

Luisent les verres pleins d’absinthes meurtrières.

 

Midi : « Plumes et Fleurs » et « Robes et Manteaux »

C’est un long défilé de filles maigrelettes,

Sortant des ateliers pour faire leurs emplettes :

De la charcuterie et de banals gâteaux.

 

D’autres, par deux ou trois, vont dans les crémeries :

Et, toutes, se penchant pour lire le menu,

Choisissent, avec un frais sourire ingénu,

Dans la liste des mets, les plats à sucreries.

 

Ce mince déjeuner ne leur coûte pas cher :

Quinze ou vingt sous ; et puis, deux sous de violettes

Et les mignonnes au travail rentrent seulettes,

Les fleurs se parfumant du parfum de leur chair.

 

Le rouge de leur joue est de mauvais augure ;

Un mal futur se lit dans leur regard trop clair ;

Leur rire sonne faux et tristement, dans l’air,

Malgré que leur jeunesse anime leur figure.

 

Dans le Paris désert des jours lourds de l’été,

Moins pâles, cependant, sous la caresse amie

Du soleil embrasé, chauffant leur anémie,

Elles jettent partout un peu de leur gaîté.

 

Couturières, les dés protègent leurs doigts probes.

Leur paire de ciseaux pend au bout d’un lacet,

Et, comme pour monter à l’assaut du corset,

Un bout de fil serpente aux traînes de leurs robes.

 

Elles causent du plus récent assassinat,

De suicides par amour, de mariages,

Cependant que leurs yeux lorgnent, aux étalages,

Les bijoux défendus, sur les coussins grenat.

 

Des vieillards, allumés par leur démarche lente, 

Leur murmurent des mots ignobles, en passant ;

Elles prennent, alors, un grand air innocent,

Et rougissent, avec une candeur troublante...

 

De nouveau, la rue est paisible. Le soleil

Caniculaire luit sur le zinc des toitures,

Tandis que dans le sourd ronflement des voitures,

Bourgeoisement, la rue a repris son sommeil...

 

                                             Jean Ajalbert (1863-1947)

 

 

Jean Ajalbert, né le 10 juin 1863 à Levallois-Perret, et mort le 14 janvier 1947 à Cahors, est un critique d'art, avocat et écrivain naturaliste anarchiste français.

Ses premiers vers lui ont été inspirés par le spectacle continu des bords pelés de la Seine à Asnières, des terrains vagues de Clichy-la-Garenne et des environs.

Expert dans le jeu des rimes et des rythmes, il se soucie par-dessus tout de subtile psychologie. Il évoque des paysages faits de tons atténués et d’échos troublants. Il est gouailleur et mélancolique. Il sait formuler d’une voix légère les axiomes et les contradictions de la fine diplomatie de l’amour.

 

"Un déjeuner d'ouvrières aux Tuileries"

une huile sur toile de Léonce-Joseph de Joncières  (1871-1947).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 17-12-2017 à 08:47:34

à O.Mandelstam.

Anna Akhmatova  par Modigliani. 

 

                                     à  O.Mandelstam. 
 
Je me penche sur eux comme sur un calice,  
Ils renferment tant de notes chéries qu'on ne peut les compter. 
De notre jeunesse tachée de sang 
Ils sont le tendre et noir message. 
 
Jadis, j'ai respiré le même air, au-dessus  
Du même gouffre, dans la nuit, 
Dans cette nuit vide, cette nuit de fer, 
Où vainement tu appelles, où tu cries. 
 
Ô qu'il enivre, le parfum de l'œillet 
Dont un jour là-bas j'ai rêvé, - 
Et vont et viennent les Euridices, 
Et le taureau emporte Europe sur les flots. 
 
Ici, ce sont nos ombres qui survolent 
La Néva, la Néva, la Néva, 
C'est la Néva qui bat contre les marches, 
C'est ton laissez-passer pour l'immortalité. 
 
Ce sont les clefs du logis 
Dont aujourd'hui - motus... 
C'est la voix d'une lyre mystérieuse 
Paissant au-delà du tombeau. 

 

                                        Anna Akhmatova  (1957) 

 

 

 

 

 

Anna Akhmatova , née le 23 juin (11 juin) 1889 à Odessa et morte le 5 mars 1966 à Moscou, est le nom de plume d'Anna Andreïevna Gorenko, une des plus importantes poétesses russes du XXe siècle. Égérie des acméistes, surnommée la « reine de la Neva » ou « l'Âme de l'Âge d'Argent », Anna Akhmatova demeure aujourd'hui encore l'une des plus grandes figures féminines de la littérature russe.

 L'œuvre d'Akhmatova se compose aussi bien de petits poèmes lyriques, genre qu'elle contribue à renouveler, que de grandes compositions poétiques, comme Requiem, son sombre chef-d'œuvre sur la terreur stalinienne. Les thèmes récurrents de son œuvre sont le temps qui passe, les souvenirs, le destin de la femme créatrice et les difficultés pour vivre et pour écrire dans l'ombre du stalinisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Fanny39  le 17-12-2017 à 10:21:02  (site)

J'adore la peinture et la littérature. Magnifique blog. Bon Dimanche et bonne semaine en attendant 2018
Lunettes1

2. gegedu28  le 18-12-2017 à 13:52:11  (site)

Bonjour,
Merci de nous avoir fait découvrir cette poétesse russe.
Je suppose que le poème est une traduction du russe au français, à moins qu'Anna Akhmatova savait écrire le français ?
Belle trouvaille en tous cas.
Gégédu28

 
 
 
 

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