posté le 06-12-2018 à 10:12:16

A ma fille décédée.

 

 

   

A ma fille décédée.

 

 Ma fille ! ... Je t’appelle, hélas ! Et tu n'es plus !

Loin du climat qui te vit naître,

Comme une tendre fleur, tu n'as fait que paraître.

Je viens graver ici des regrets superflus.

Ici sont renfermés, sous cette froide pierre,

Tes grâces, ta beauté, tes talents, tes vertus,

Et le cœur de ta mère.

 

Victoire Babois (1760-1839)

Extrait de « Élégie sur la mort de ma fille »  (âgée de cinq ans)

 

 

 

 

 

 

 

Marguerite Victoire Babois, née le 6 octobre 1760 à Versailles et décédée le 18 mars 1839 à Paris, est une femme de lettres française, auteure d'élégies et autres poésies qui ont placé son nom au premier rang des poètes élégiaques français.

Elle est considérée comme une très grande poétesse de son époque. De nombreuses anthologies publiées entre 1820 et 1850 la classe dans les plus grands poètes de toute l'histoire littéraire de la poésie française. Bien que sa renommée soit aujourd'hui oubliée, ses poésies ont inspiré et nourri celles de Marceline Desbordes-Valmore, Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 06-12-2018 à 15:35:57  (site)

Poème aussi triste qu'évocateur. J'avoue, je ne connaissais pas le nom de Victoire Babois (mais je ne ne suis pas un spécialiste de la poésie,même si j'aime beaucoup) et, si ce que tu en dis est vrai, c'est très injuste que sa mémoire n'est pas survécu à l'écoulement du temps. Florentin

2. la piote  le 12-12-2018 à 13:32:55  (site)

Bjr et enchantée
Quelle Découverte Triste et Pourtant,rempli de vérité de sentiments volés à une Mère,une famille....

Je ne connaissais pas du tout
J en reste « Émue....
Mais telle est la « Vie....

Tendresse & Souffrance
Mercii

 
 
 
posté le 30-10-2018 à 19:39:36

Ne le dis pas.

 

 

Ne le dis pas.

 

Tiens, d'un secret je veux t'instruire;

Moi j'ai peur de l'écho: je parlerai tout bas;

L'indiscret pourrait redire;

Il faut, petit ami, qu'il ne m'entende pas.

 

Ecoute: du rosier la feuille fugitive

Tombe et s'envole en murmurant:

La feuille fait du bruit, je serai moins craintive;

Le bruit m'a rassurée, et je tremble pourtant.

 

Qu'un secret fait de mal quand on n'ose l'apprendre !

Il semble qu'un lien l'attache sur le cœur.

Vois! Mon regard te parle, il est plein de douceur:

 Dis-moi donc, mon ami, ne peux-tu le comprendre ?

 

Il était prêt à se trahir,

Le secret que devrait t'expliquer mon silence:

Il s'échappait. Timide en ta présence,

Ma bouche se referme et n'ose plus s'ouvrir.

 

Bien tendrement la tienne a dit je t'aime !

Lorsque ce mot si doux fut prononcé par toi,

Méchant, c'est mon secret que ta bouche elle-même,

Comme un écho du cœur, t'a révélé pour moi.

 

Tu le connais, et peut-être parjure,

Un jour, hélas! tu le décèleras:

Petit ami, je te conjure

Si tu le sais, ne le dis pas.

 

                 Elisa Mercœur (Décembre 1825)

 

 

 

Elisa Mercœur (1809-1835).

 Élisa Mercœur a été trouvée enfant abandonnée sur le seuil de l'Hospice des orphelins de Nantes, le 27 juin 1809 à 22 heures. Un papier est retrouvé dans le berceau avec cette explication :

 « Élisa, née le 24 janvier 1809, non enregistrée aux actes civils. Le ciel et la douce humanité veilleront sur elle. Ses parents seront peut-être, assez heureux pour pouvoir la réclamer un jour ».

Trois ans plus tard, sa mère qui est brodeuse se présente à l'orphelinat pour la récupérer.

Élisa est une enfant prodige, à 10 ans elle a déjà lu Shakespeare, Boileau. Elle écrit ses premières poésies à 11 ans.

Elle connait dès cet âge le latin, le grec, l'anglais l'espagnol.

À seize ans, Élisa publie dans le journal de Nantes, le "Lycée Armoricain", des vers qui reçoivent un accueil très flatteur.

Dans ses œuvres poétiques ressortent des sentiments chrétiens, à la fois romantiques et classiques mais parfois également païens.

Elle devient une habituée des salons littéraires parisiens et s'attire les louanges de Lamartine, Musset, Hugo, Chateaubriand. Lamartine disait d'elle : "…cette petite fille nous dépassera tous tant que nous sommes".

Atteinte d'une affection pulmonaire, elle décède à Paris, le 7 janvier 1835, dans les bras de sa mère, à l'âge de 26 ans.

 

 

 

 


Commentaires

 

1. la piote  le 30-10-2018 à 20:30:46  (site)

Bsr....
Un superbe ecrit ,bravo

Bne soirée bisou

2. Fanny39  le 31-10-2018 à 14:27:50  (site)

Joli poème, bon mercredi et bon milieu de semaine

3. Florentin  le 03-11-2018 à 17:00:54  (site)

Qu'en termes jolis, cette déclaration d 'amour fut faite. Florentin

 
 
 
posté le 17-09-2018 à 20:03:30

L’oreiller d’un enfant.

 

L’oreiller d’un enfant.

 

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,

 Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !

 Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,

 Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

 

 Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,

 Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;

 Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !

 Maman ! douce maman ! cela me fait gémir …

 

                            Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

 

 

 

Marceline Desbordes-Valmore naît le 20 juin 1786 à Douai dans le Nord de la France.

C’est une poétesse française reconnue pour la richesse et la variété de son lyrisme romantique. Surnommée « Notre-Dame-des-Pleurs » en raison des drames qui jalonnent sa vie, elle émeut par sa sincérité et son talent naturel.

Elle épanche dans sa poésie toutes les peines qu'elle a connues durant sa vie. Ses poèmes traduisent ses cris de passion, ses élans vers l’au-delà, et la nostalgie du pays natal. Son talent poétique se voit reconnu par les symbolistes, notamment Rimbaud et Verlaine, qui applaudissent son absence de rhétorique.

Elle meurt d’un cancer le 23 juillet 1859 à Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Fanny39  le 18-09-2018 à 10:19:51  (site)

Merci, je vous recommande la lecture des romans de Françoise Azoulay pour une rentrée littéraire réussie

2. Florentin  le 18-09-2018 à 16:04:33  (site)

Joli sujet, original et chargé d'émotion. Comme on en trouve souvent chez ce poète (je ne me résous pas à dire et écrire poétesse).Florentin

3. anaflore  le 24-09-2018 à 07:37:43  (site)

Douceur de l oreiller confident
de nos rêves
Bon lundi

4. zyla  le 05-10-2018 à 12:20:14  (site)

Joli et doux objet qui nous accompagne dans nofre sommeil, dans nos rêves, nos insomnies!

5. zyla  le 16-10-2018 à 12:33:11  (site)

Bonjour!
pour revenir à B.A.Paris, oui il y en a un autre mais j'attend qu'il sorte en poche!

6. zyla  le 16-10-2018 à 12:38:12  (site)

Bonjour, merci pour le gentil commentaire laissé sur mon blog!
oui je sais que B.A.Paris à sortit "Deffaillences" mais j'attend qu'il sorte en poche!
Si je peux faire découvrir des auteurs, j'en suis ravie!

7. la piote  le 30-10-2018 à 20:32:52  (site)

De doux Mots qui accampagnè bien l enfant ainsi que l oreillers
Une douce lecture qui vallait l Coup d oeuil...merci.

 
 
 
 

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