posté le 03-03-2017 à 10:15:30

Le miroir.

 

Ce jour-là, au miroir,

La jeune femme énervée,

Refusa un baiser. 

Le miroir agacé,

Déçu, faisait la moue.

Il renvoya alors,

Une image déformée,

De sa belle adorée.

Elle se voyait si laide,

Joues tombantes, yeux défaits,

Un nez en champignon,

Un menton en galoche

Et un cou si fripé.

Lui en était ravi,

Du tour qu’il lui jouait.

Elle voulut être sûre,

Devant lui se mit nue.

Le miroir fut troublé,

Mais il continua,

Ce petit jeu méchant.

Elle lui montra ses seins

A l’arrondi parfait.

Mais lui ne réfléchit,

Que deux outres pendantes.

Elle exhiba son ventre,

Qu’il transforma bien vite,

En bouée disgracieuse.

Elle se tourna un peu,

Pour lui montrer ses fesses,

Qu’il déforma, moqueur,

En figues ramollies.

Le miroir se disait,

Que peut-être il fallait

Lui dire la vérité.

Mais il continua

A faire souffrir la belle

Et métamorphosa

Ses cuisses en jambonneaux.

Pour elle s’en était trop,

Elle se mit à pleurer.

Le miroir attendri,

Amoureux de sa belle,

Enfin se dérida

Et rendit à l’aimée,

Son image réelle.

Contente, elle lui donna,

Le baiser recherché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 26-02-2017 à 08:23:21

Vil amour.

 

Je lui ai dit je t'aime mais ça n'a pas suffi.

Ton amour, souffla-t-elle, écris le en sanscrit*.

J'ai appris le sanscrit, ce n'était pas facile,

En payant en roupies un scribe malhabile.  

Elle refusa ses lèvres et dit d'un air malin,  

Je veux que ton amour soit dit en tibétain.

J'ai appris cette langue aux sommets des montagnes

Et négocié ma vie aux êtres vêtus de pagnes.  

En admirant ses yeux, mon regard s'est fané,

J'ai humé à tâtons son parfum suranné.  

Elle faisait le trottoir dans une rue à marins,  

Elle offrait sa vertu et vendait ses gros seins. 

Je la vis trottiner dans cette voie livide,  

Au bras d'un chenapan à la poche bien vide.  

Elle me dit de sa voix rauque de matador,  

Pour m'aimer il faudra au moins trois lingots d'or.

J'ai fondu ce métal à plus de mille degrés,

Elle referma ses yeux sur les lingots dorés

Et s'enfuit en riant vers cet hôtel douteux,

Pour rejoindre un amant à l'aspect souffreteux.

 

 

                                                            Notes:

 

 

त्वयि स्निह्यामि; je t'aime en sanscrit

ང་ཁྱེད་རང་ལ་དགའ་པོ་ཡོད་  (na kirinla gaguidou ) je t’aime en tibétain


 

 

 

 

 

 Je t'aime en langage des signes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Le sanskrit ou sanscrit (संस्कृतम् (sasktam)) est une langue indo-européenne de la famille indo-aryenne, autrefois parlée dans le sous-continent indien. De nos jours, certains érudits le parlent encore et publient des œuvres académiques ou tiennent des colloques en sanskrit.

Le sanskrit est notamment la langue des textes religieux hindous, bouddhiste ainsi que des textes littéraires ou scientifiques et, à ce titre, continue d'être utilisé, à la manière du latin en Occident, comme langue liturgique, culturelle et même véhiculaire (un recensement de 1981 indique qu'il y aurait encore environ 6 100 locuteurs ; en 1961, à peu près 194 400 personnes disaient l'utiliser comme langue secondaire). C'est d'ailleurs l'une des langues officielles de l'Inde. La grammaire du sanskrit est celle d'une langue hautement flexionnelle et très archaïsante.

 

 

 

 


 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 26-02-2017 à 10:27:17  (site)

Bonjour,
Encore un joli poème, vous en avez le don !
En tout cas, grâce à vous, je suis plus érudit ce jour, car je ne savais pas ce qu'était le sanscrit, j'ai découvert.
smiley_id117076
Moi, à défaut de cultiver ma mémoire, je m'en vais cultiver mon jardin ce jour, ... avant le printemps !
Bonne journée et à très bientôt.
Gégédu28

 
 
 
posté le 20-02-2017 à 10:07:49

Le cactus et la fleur.

.

 Le cactus épineux,

Détestait cette pluie.

Sa voisine, jolie fleur,

Adorait recevoir,

La rosée sur son corps.

Elégante sur sa tige,

Les pétales relevés,

Elle avait de l’allure,

Dans le champ verdoyant.

Le cactus ruminait,

Un amour impossible,

Et elle, n’aimait pas trop,

Ce voisin dérangeant.

Elle était obligée,

De vivre près de lui,

Elle n’avait pas choisi

De pousser dans son ombre.

Et l’orage éclata,

Forte pluie et tonnerres.

Le cactus avait mal,

Mouillé, il étouffait,

Il se sentait mourir.

La fleur le regarda

Et eut pitié de lui.

Elle pencha sur son corps,

Ses pétales veloutés.

Oubliant son dégoût,

Elle lissa ses épines

Et fit tomber toute l’eau,

Du corps de ce cactus,

Qu’elle méprisait un peu.

Quand le soleil revint,

Il devint vigoureux

Et sentit sous sa peau,

Pousser d’autres épines.

La fleur le remarqua,

Dit bonjour, lui sourit…

Ils devinrent bons voisins,

C’est tout ce qu’il voulait… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 19-02-2017 à 08:57:52

Chanson sur le départ de Saint-Lambert.

 

Elisabeth Françoise Sophie LALIVE DE BELLEGARDE

 Comtesse DE HOUDETOT

 

 (Cliquez sur la photo pour une biographie complète)

 

L'amant que j'adore,

Prêt à me quitter,

D'un instant encore,

Voudrait profiter...

Félicité vaine

Qu'on ne peut saisir,

Trop près de la peine

Pour être un plaisir !

 

 Elisabeth Françoise Sophie de la Live de Bellegarde,

Comtesse de Houdetot (1730-1813)

 

 

 

 

Elisabeth Françoise Sophie LALIVE DE BELLEGARDE

Comtesse DE HOUDETÔT

•Née le 18 décembre 1730 (lundi) - PARIS 75

•Décédée le 28 janvier 1813 (jeudi) - PARIS 75 , à l’âge de 82 ans


Elisabeth Françoise Sophie Lalive de Bellegarde, comtesse d'Houdetot a laissé une forte impression à tous ceux qui l'ont approchée. Selon Sainte-Beuve, le salon qu'elle réunissait durant son âge avancé soit après 1800, accueillait les débris de la bonne compagnie et de la société philosophique. Présents, les derniers philosophes soit son amant Jean-François de Saint-Lambert, Jean-Baptiste-Antoine Suard qui tint lui-même un salon

Rousseau avait rencontré Sophie d'Houdetot sans la remarquer en février 1748. Par la suite, il la vit à plusieurs reprises, mais ce n'est qu'en janvier 1757, alors qu'il avait entrepris la rédaction de La Nouvelle Héloïse, qu'il s'en éprit passionnément. Bien qu'ils se fréquentèrent pendant plusieurs mois, Sophie a conservé sa fidélité à son amant, le poète Saint-Lambert. Elle s'éloigna à compter de janvier 1758, pour cesser tout échange dès 1760.

Quand il parle d'elle dans les Confessions, Rousseau était loin "de prévoir que cette jeune personne ferait un jour le destin de sa vie et l'entraînerait, quoique bien innocemment dans l'abîme où je suis aujourd'hui".


 


 

 

 

 

 


 


 
 
posté le 16-02-2017 à 09:39:19

La fin du monde.


Un globe de lueurs,

Presque noir maintenant,

Un univers de peurs,

Un monde finissant.

...

On était les derniers,

On se méfiait de tout,

On hantait les charniers,

Vomissant de dégoût.

...

Les rues étaient désertes,

On criait de famine,

Hurlant en pure perte,

Côtoyant la vermine.

...

La famille, illusion

Et l’amour, un mensonge,

L’espoir, une dérision,

La vie, un triste songe.

...

L’autre était le danger,

Il n’y avait plus d’enfants,

Tous étaient étrangers,

Des miasmes étouffants.

...

On mangeait les racines,

Buvant de l’eau croupie,

La bouche remplie d’épines

Et la langue en charpie.

...

C’était la fin du monde,

Seuls et abandonnés,

Sous un soleil qui gronde,

Un air empoisonné.

...

Un à un on tombait,

La terre, un grand malheur,

Mais personne ne voyait,

Du sol surgir une fleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 16-02-2017 à 14:09:06  (site)

Rimes,
Encore un superbe poème.
Vous devriez en faire un recueil,
... j'achète !
A+
Gégé du 28

 
 
 
posté le 15-02-2017 à 10:24:02

Un amour impossible.

 

Il était déprimé.

Son amour impossible,

Le hantait jour et nuit.

Il la voyait si belle,

Avec ses joues bien roses

Et sa peau satinée.

Il regardait de loin,

Diaphane et si légère,

Sa passion interdite,

Mais elle le repoussait.

Il voulait être beau,

Pour elle, pour lui plaire ;

Elle avait peur de lui.

Et qu’aurait-il donné,

Pour une fois la serrer,

Dans ses bras vigoureux ?

Ou danser avec elle,

Un tango langoureux,

Serrés joue contre joue,

Jusqu’au petit matin,

Mais elle le repoussait.

Elle devait le trouver,

Bien laid, ce prétendant,

Surtout pas de son monde.

Résigné, il admit,

Qu’un cactus ne pouvait,

Aimer à en mourir,

Un ballon de baudruche.

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 15-02-2017 à 11:51:21  (site)

Bonjour,
Quand j'ai vu la photo/dessin, je me suis tout d'abord dit quel est le lien ?,
Ah, j'ai fini par comprendre ...
... c'est bien amené : "Résigné, il admit,
Qu’un cactus ne pouvait,
Aimer à en mourir,
Un ballon de baudruche"
smiley_id117184, vous êtes un(e) vrai(e) poète !
Gégédu28

 
 
 
 

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