posté le 09-05-2017 à 19:30:34

Il suffit que, sur un balcon...

Il suffit que, sur un balcon

 

Il suffit que, sur un balcon

ou dans l'encadrement d'une fenêtre,

une femme hésite ..., pour être

celle que nous perdons

en l'ayant vue apparaître.

 

Et si elle lève les bras

pour nouer ses cheveux, tendre vase :

combien notre perte par là

gagne soudain d'emphase

et notre malheur d'éclat !

 

                             Rainer Maria RILKE.

 

 

 

 

 

Rainer Maria RILKE   (1875-1926)

Rainer Maria Rilke, né René Karl Wilhelm Johann Josef Maria Rilke1, est un écrivain autrichien, né le 4 décembre 1875 à Prague, mort le 30 décembre 1926 à Montreux, en Suisse. Il vécut à Veyras (Valais) de 1921 à sa mort. Il est surtout connu comme poète, bien qu'il ait également écrit un roman, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 07-05-2017 à 19:21:21

La feuille flétrie.

 

La feuille flétrie.

 

Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie ?

J'aimais ton doux aspect dans ce triste vallon.

Un printemps, un été furent toute ta vie,

Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon.

 

Pauvre feuille ! il n'est plus, le temps où ta verdure

Ombrageait le rameau dépouillé maintenant.

Si fraîche au mois de mai, faut-il que la froidure

Te laisse à peine encore un incertain moment !

 

L'hiver, saison des nuits, s'avance et décolore

Ce qui servait d'asile aux habitants des cieux.

Tu meurs ! un vent du soir vient t'embrasser encore,

Mais ces baisers glacés pour toi sont des adieux.

 

                                    Elisa MERCOEUR   (1809-1835)

 

 

 

 

Elisa MERCOEUR   (1809-1835)

Née de parents inconnus, le 24 juin 1809, elle est déposée, le 2 juillet de la même année, sur les marches de l'hospice des orphelins de Nantes. Enfant abandonnée, elle doit son nom à l'imagination du commissaire de police Benoist. Nom qu'elle conservera quand sa mère, Adélaïde Aumand, deux ans après sa naissance, viendra la récupérer.

L'enfant est précoce : elle sait lire et écrire à 3 ans, parle anglais à 11 ans. Elle n'a pas encore 18 ans quand elle publie son premier recueil de Poésies, édité à Nantes par souscription. Chateaubriand, Lamartine en disent le plus grand bien. La vie lui sourit, du moins on peut le penser.

Elle le croit aussi et c'est pourquoi elle décide de monter à Paris où elle est accueillie dans les salons mondains avec, on peut le penser, plus de curiosité que de bienveillance. Rapidement sa situation financière va se dégrader. Son succès a été éphémère. Boadfil, roi de Grenade, la tragédie qu'elle a écrite, pour des raisons obscures, n'a jamais été portée sur la scène de la Comédie Française. Elle en est très affectée et en veut à son directeur, le baron Taylor, qui aurait été à l'origine de ce refus.

Frappée par la tuberculose

Au point qu'elle le rend responsable de sa mort comme elle le confie à sa mère quelques jours avant son décès : « Si Dieu m'appelle à lui, on fera mille contes sur ma mort, les uns diront que je suis morte de misère, les autres d'amour ! Dis à ceux qui t'en parleront que c'est le refus de M. Taylor qui m'a fait mourir... »

La petite muse nantaise est décédée le 7 janvier 1835, à Paris, victime de la tuberculose. Sa vie a été courte, tout comme celle qu'elle évoque dans La feuille flétrie le plus connu de ses poèmes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Commentaires

 

1. anaflore  le 07-05-2017 à 20:03:34  (site)

joli poéme
belle feuille d'érable
vie gachée
bonne semaine

 
 
 
posté le 04-05-2017 à 11:17:31

Pourquoi ?

 

                      Pourquoi?

 

Pour la première fois, quittant votre air morose, 
Vous m'avez, hier soir, donné le bras. Tandis 
Que j'allais près de vous ainsi, comme jadis, 
J'ai senti contre moi palpiter quelque chose.

 

Mon visage soudain est devenu tout rose ; 
Vous m'avez demandé ce que j'avais, je dis 
N'importe quoi… : Mon Dieu ! c'était mon paradis, 
Dont la porte s'ouvrait quand je la croyais close.

 

J'écoutais, j'écoutais (hélas ! le saviez-vous ?) 
Votre cœur, sous ma main, qui battait à grands coups, 
Et je vous regardais, disant : Il ressuscite !

 

Mais l'effroi s'abattit alors sur moi, plus vite 
Qu'une pierre qui tombe en un lac… Oh ! pourquoi 
Ton cœur bat-il si fort s'il ne bat pas pour moi ?

 

                                                                  Louisa Siefert

 

 

 

 

 

Louisa PÈNE-SIEFERT   (1845-1877)

Issue d'une famille protestante établie à Lyon, elle reçoit une bonne éducation religieuse. Accablée dès l’adolescence par une maladie qui devait l’emporter précocement, elle a laissé une poésie empreinte de douleur mais soutenue d’un vif spiritualisme protestant.

Elle meurt à l'âge de trente-deux ans, à Pau où elle soignait une tuberculose osseuse (coxalgie) qui avait fini par atteindre ses poumons.

Souffrances, exaltations, déceptions secouent sa vie.  Pour fuir cette existence douloureuse elle se réfugie dans la poésie

Cœur déçu et blessé, Louise développe dans ses poèmes des sentiments très féminins en employant des expressions très masculines.  Ses vers sont précis, nets, réalistes. Un art du rythme caractérise ses chants. 

Cette jeune femme qui mourut au printemps de la vie, fut courageuse devant la fatalité.  Malgré ses révoltes contre la maladie, les affolements et les angoisses de son inévitable fin, elle eut, dans un ouvrage,  cette grandeur de rappeler au monde les vertus des Stoïques.  Volontairement soumise à son destin, elle s’appliqua cette maxime : « la fin suprême est de vivre selon la nature ».

Louisa Siefert est l'arrière-grand-tante du chanteur Renaud.

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 28-04-2017 à 10:34:41

Une Demoiselle Considérant une Montre.

 

Une Demoiselle Considérant une Montre.

 

Comme elle bat ! son bruit imite

de mon cœur le tressaillement*.

L'aiguille approche du moment:

ainsi le désir qui m'agite,

me rapproche de mon amant.

Comme elle tourne lentement !

Ah ! vers mon amant, ma pensée

est mille fois plus empressée.

Mais dans ces instants pleins d'appas

qu'il me dira: Je vous adore,

lente aiguille, ne tourne pas;

ou du moins, sois plus lente encore.

 

                                   ( M. MAYER.)

 

* A l’origine :palpitement qui est un néologisme que j’ai remplacé par tressaillement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 21-04-2017 à 18:33:31

La danseuse.

                                                      La danseuse

 

Le temple de Vénus s'élève, portes closes,

A l'abri des vents froids et du faune malin,

Au bord de l'archipel, sous le dôme opalin

De la nuit qui s'étend, calme, sur toutes choses.

 

La danseuse sacrée a caché ses seins roses

Sous les plis vaporeux de son voile de lin,

Car, devant la déesse au regard sibyllin,

Très souple, elle se penche en de classiques poses.

 

Elle marche en cadence et lève ses bras blancs,

Et tous ses mouvements sont rythmiques et lents,

Faits pour s'harmoniser avec l'âme nocturne ;

 

Et la déesse rit, sans daigner se fâcher,

En la voyant, confuse et prompte, rattacher

L'étroit ruban d'argent qui retient son cothurne*.

 

                                                                   Renée de Brimont. 

 

 

*cothurne :

Chaussure des acteurs tragiques dans l'antiquité.

 

 

 

 

 


Renée de Brimont (1880 – 1943)

née Renée de La Bonninière de Beaumont, baronne de Brimont par son mariage, poète et traductrice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. jakin  le 22-04-2017 à 08:54:06  (site)

Compliments pour la photo du jour et pour ce beau texte...Bonne fin de semaine....

2. elena13  le 22-04-2017 à 13:58:31  (site)

Bravo pour la photo du jour !!!

3. asdepic  le 22-04-2017 à 16:25:27  (site)

Bravo pour la photo du jour !!!

 
 
 
posté le 14-04-2017 à 10:34:45

De ce mal-là sauriez-vous le nom ?

 

De ce mal-là  sauriez-vous le nom ?

 

Sur les lèvres un nom que l'on ne dit jamais,

Au fond du cœur toujours la même image,

L'ennui de tout, la pâleur au visage,

Bien loin de nous le repos et la paix;

La joue en feu parfois, et le cœur qui palpite,

Puis des nuits sans sommeil et des pleurs sans raison,

Une heure qui se traîne, une qui fuit trop vite:

De ce mal-là  sauriez-vous le nom?

 

Adèle Toussaint-Samson

(1826-1911)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 
 
 

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