posté le 21-04-2017 à 18:33:31

La danseuse.

                                                      La danseuse

 

Le temple de Vénus s'élève, portes closes,

A l'abri des vents froids et du faune malin,

Au bord de l'archipel, sous le dôme opalin

De la nuit qui s'étend, calme, sur toutes choses.

 

La danseuse sacrée a caché ses seins roses

Sous les plis vaporeux de son voile de lin,

Car, devant la déesse au regard sibyllin,

Très souple, elle se penche en de classiques poses.

 

Elle marche en cadence et lève ses bras blancs,

Et tous ses mouvements sont rythmiques et lents,

Faits pour s'harmoniser avec l'âme nocturne ;

 

Et la déesse rit, sans daigner se fâcher,

En la voyant, confuse et prompte, rattacher

L'étroit ruban d'argent qui retient son cothurne*.

 

                                                                   Renée de Brimont. 

 

 

*cothurne :

Chaussure des acteurs tragiques dans l'antiquité.

 

 

 

 

 


Renée de Brimont (1880 – 1943)

née Renée de La Bonninière de Beaumont, baronne de Brimont par son mariage, poète et traductrice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. jakin  le 22-04-2017 à 08:54:06  (site)

Compliments pour la photo du jour et pour ce beau texte...Bonne fin de semaine....

2. elena13  le 22-04-2017 à 13:58:31  (site)

Bravo pour la photo du jour !!!

3. asdepic  le 22-04-2017 à 16:25:27  (site)

Bravo pour la photo du jour !!!

 
 
 
posté le 14-04-2017 à 10:34:45

De ce mal-là sauriez-vous le nom ?

 

De ce mal-là  sauriez-vous le nom ?

 

Sur les lèvres un nom que l'on ne dit jamais,

Au fond du cœur toujours la même image,

L'ennui de tout, la pâleur au visage,

Bien loin de nous le repos et la paix;

La joue en feu parfois, et le cœur qui palpite,

Puis des nuits sans sommeil et des pleurs sans raison,

Une heure qui se traîne, une qui fuit trop vite:

De ce mal-là  sauriez-vous le nom?

 

Adèle Toussaint-Samson

(1826-1911)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 
 
posté le 09-04-2017 à 12:53:09

Mon amour, attendez...

 

 

 

 

          Mon amour, attendez.

 

Lorsque vous oublierez que vous m’avez tenue

 Captive entre vos mains, comme une chose à vous,

 Lorsque vous serez las de mon amour très doux,

 Pour le dire, attendez que la nuit soit venue.

 

Vous ne pourrez pas voir mon visage défait,

 Ni mes yeux désolés, ni ma bouche tremblante,

 Car l’ombre voilera ma douleur accablante ;

 Attendez que le soir soit venu tout à fait.

 

Attendez que le vent fasse gémir les arbres,

 Et pleurer dans leurs nids tous les oiseaux des bois,

 Et vous n’entendrez pas les sanglots de ma voix,

 Ni le cri de mon cœur plus glacé que les marbres.

 

Attendez que l’orage ait assombri les cieux,

 Et qu’il pleuve très fort, près de nous, sur la route,

 Et dans la nuit, vous confondrez sans doute,

 Avec les pleurs du ciel, les larmes de mes yeux.

 

Un jour vous oublierez que vous m’avez tenue

 Captive entre vos mains, comme une chose à vous,

 Alors pour me le dire, ayez des mots très doux ;

 Attendez, mon amour, que la nuit soit venue.

 

                                               Ida Faubert (1882-1969)

 

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 Biographie de Ida Faubert.

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 02-04-2017 à 09:12:23

Matin de printemps.

 

 

                          Matin de printemps

 

 Au profond de l'allée

Les quenêpiers* en fleurs

Répandent une odeur

Légère et vanillée                                               

 

Un essaim bourdonnant

D'abeilles matinales

S'en vient dans le jour pâle,

Joyeux et frissonnant

 

Chercher dans les corolles

Un précieux butin.

Et dans le clair matin

Les papillons s'envolent.

 

Un rayon de soleil

Baise au front une rose,

Qui se trouble, et qui n'ose

Regretter son sommeil.

 

Un parfum se respire

Sous les grands peupliers,     ( J'ai remplacé platanes par peupliers. Faute de rime d'Ida?)

Un parfum printanier

De choses en délire.

 

Et je m'emplis les bras

De fleurs à peine écloses,

De jasmins et de roses,

De lis et de lilas,

 

Et j'écoute, charmée,

Le murmure des eaux

Et tous les chants d'oiseaux

Repars dans la ramée.

 

Les cieux sont éclatants

Car le soleil s'enflamme,

Et je sens dans mon âme

Chanter tout ce Printemps !

 

                                    Ida Fauber (1882-1969)

                                       (poétesse haïtienne)

 

*Le quenêpier est un arbre fruitier tropical, qui pousse en Haïti. Les fruits sont les grappes de quenêpes, fruits normalement plutôt aigres dont la consommation abusive serait à l'origine d'un enrouement et d'une toux chronique appelée là-bas "la flème"

 

Ida Fauber (1882-1969) :

 

 

Née à Port-au-Prince en 1882, baptisée Gertrude Florentine Félicitée Ida, elle est la fille d'un ancien président de cette république, Lysius Salomon.

Elle résida en France de 1914 à 1969 et mourut en 1969 à Joinville-le-Pont. Elle se mêla aux mouvements féministes et fréquenta les artistes de son temps.

Poétesse au souffle chaud, connue aussi en Europe , Ida Faubert qui a été définie la Marceline Desbordes-Valmore d'Haïti, à cause de l'accent passionné et tendre de ses poèmes, est aussi l'auteur de ces histoires très caractéristiques où mœurs, légendes, superstitions de son pays, sont rendues avec une sobre vigueur et un sens aigu de la couleur.

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. odeline  le 02-04-2017 à 09:27:25  (site)

Bonjour , magnifique ton blog, jolies poésies et femme extaordinaire, tout pour que je sois contente d'etre passé a tout hasard , des fois il ne faut pas mettre de côté ce qui est beau , Ronsard j'adore ; Victor Hugo également , tout ici pour me plaire ...Passe une belle journée a++++Lili

2. odeline  le 02-04-2017 à 14:14:47  (site)

Re Bonjour ..Il est un fait que les poetesses que tu cite sont inconnues pour moi et c'est bien dommage , tu as raison d'essayer de les faire appréçier , mais des fois c'est dur d'accrocher l'attention ...Moi j'essaye de faire comprendre au monde l'importance de bien agir envers tous, mais méme si je me heurte a un mur j'arrive a trouver des amies qui me suivent dans mes déductions , c'est bien compliqué pour étre bien suivie en somme, ...De grands poétes savaient écrire ce qu'ils ressentaient et certains d'entre eux avaient un esprit suractivé.....De toute façon .Il faut mieux avoir peu de contacts mais des bons , que de récuperer des dizaines de coms de niaiseries ( c'est mon humble avis )Passe une belle soirée a++++Lili

 
 
 
posté le 27-03-2017 à 10:48:14

L'amour et la mort.

                                                       L'amour et la mort

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : "Aime et meurs ici-bas ! "
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.

Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !

                                                                        Louise Choquet Ackermann

 

  

 

Louise-Victorine Choquet nait à Paris le 30 novembre 1813. Elle passe une enfance solitaire à la campagne près de Montdidier au sud-est d’Amiens.

 Sa mère essaye de lui donner une éducation catholique selon les convenances de l’époque, tandis que son père, homme de lettres et fervent admirateur des encyclopédistes, ouvre l’esprit de la jeune Louise à la littérature.

 Envoyée en pension à Paris, elle découvre les œuvres des poètes anglais, Byron et Shakespeare, et allemands, Goethe et Schiller, ainsi que celles entre autres de Victor Hugo, d’Alfred de Musset et d’Alfred de Vigny. Son esprit se libère, elle commence à écrire en s’éloignant des conventions imposées par la religion.

 En 1841 elle rencontre Paul Ackermann qui tombe amoureux d’elle. N’ayant pas le courage de le repousser, elle l’épouse en 1843. Bien que de convenance, ce mariage se révèle, selon ses propres mots « exquis », et, deux ans plus tard, à la mort de son époux Louise Ackermann est profondément affectée

 En 1855 elle publie Contes, suivi de Contes et poésies en 1862 et de Poésies, premières poésies, poésies philosophiques en 1874.

Ces poèmes sont marqués par un certain pessimisme romantique, peut-être réminiscence de son aventure allemande, et par un élan de révolte contre la souffrance humaine puisant dans la foi en l’esprit humain et en son indépendance. La puissance de ses vers se concentre sur la condition et acceptation de la condition humaine, refusant toute prétention religieuse et scientifique de connaissance de la Vérité.

Peu de temps après la publication de  ce volume, Louise-Victorine Ackermann s’installe à Paris.

 Elle meurt à Nice le 3 août 1890.

 

 

 


 
 
 

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