posté le 29-06-2017 à 12:25:03

A de beaux yeux.

 

A deux beaux yeux

 

Vous avez un regard singulier et charmant ;

Comme la lune au fond du lac qui la reflète,

Votre prunelle, où brille une humide paillette,

Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;

 

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;

Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite,

Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,

Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement.

 

Mille petits amours, à leur miroir de flamme,

Se viennent regarder et s'y trouvent plus beaux,

Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.


Ils sont si transparents, qu'ils laissent voir votre âme,

Comme une fleur céleste au calice idéal

Que l'on apercevrait à travers un cristal.


                                                      Théophile GAUTIER.

 

 

Théophile GAUTIER   (1811-1872).

 

 

 

Théophile Gautier est né le 30 août à Tarbes en 1811. Sa famille est issue d'une famille de petite bourgeoisie avec laquelle il vint s'établir rapidement à Paris. Il fait ses études au lycée Louis-le-grand et au lycée Charlemagne où il se lie d'amitié avec Gérard de Nerval. Il se destine à une carrière de peintre mais le 27 juin 1829 il rencontre Victor Hugo, qui lui donne le goût de la littérature et l'année suivante il participe à la bataille d'Hernani, vêtu d'un gilet rouge qui restera célèbre. En 1830 paraît son premier recueil de vers, financé par son père. Se dessine déjà un don particulier pour la poésie, très conscient de l'héritage des antiques. C'est le 4 mai 1831 qu'il publie la nouvelle : Cafetière. En 1835, Honoré de Balzac envoie Jules Sandeau lui proposer une collaboration au journal La Chronique de Paris. Théophile va y publier plusieurs nouvelles ainsi que des critiques d'art. Il collabore aussi avec la France littéraire et La Presse. Gautier travaille dans la presse jusqu'en 1855 puis se consacre au Moniteur universel jusqu'en 1868. Parallèlement il publiera de nombreux recueils. Il meurt le 23 octobre 1872.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 29-06-2017 à 12:35:42  (site)

comme aurait dit jean gabin à michèle morgan bonne journée

 
 
 
posté le 11-06-2017 à 21:05:17

Sur un air de polka.

 

Sur un air de Polka

 

Sur un air de polka nous danserons demain

Sur un plancher de bois ou dans la grange à foin ;

Comme on dansait naguère à la fête au village

D’où n’étaient pas exclus les gens du troisième âge.

Un seul accordéon, sans batteur, sans micro,

Remplacerait très bien les spots et la sono.

Pour chanter tous en chœur et réapprendre à rire

Nous emploierons des mots sans avoir à traduire.

Nous danserons joyeux sur un air de polka !

À l’ombre ou au soleil sans frais ni tralala

Comme au bal à papa, si je suis bon prophète

Dans tout le voisinage on refera la fête.

Il faut que cette danse ait sa place aujourd’hui.

Dans les bals du faubourg aussi bien qu’à Neuilly.

C’est une polonaise un refrain qui balance

Et qui pendant longtemps a fait danser la France.

Elle vaut la rumba, le jerk ou la techno,

Laissons la valse à Vienne, la samba à Rio

À Éva les tangos, les pasos à l’Espagne !

Mais qu’un air de polka partout nous accompagne.

Enlacés deux à deux, corps à corps bien serrés,

Sur un rythme endiablé on va tournevirer,

Cette danse demain fera le tour du monde.

Puisque jeunes et vieux entreront dans la ronde.

 

                                                                                           Blanche Maynadier

 

 

 

 

Blanche Maynadier (1923-2004) est un écrivain et femme de lettres française.

Auteure de nombreux recueils de poèmes : Chants visuels, Messidor, À l'ombre d'un figuier, Fructidor, et d'une trilogie autobiographique L'École des Champs, Le ciel de Paris, Le temps d'Écrire.

Membre de la Société des gens de lettres.

Elle a reçu plus de soixante coupes, 200 médailles et ne comptait plus ses diplômes.

Elle a publié 25 recueils de poésie, elle a écrit des nouvelles, et plus de soixante chansons mises en musique par 12 musiciens différents.

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 10-06-2017 à 08:42:41

Je dormais.

 

 

                  Je dormais

 

On sonne, on sonne, on sonne encore :

 C'est lui !... Dieu ! Qu’il m'a fait souffrir !

 Mais il revient, mais je l'adore,

 Éveillez-vous, courez ouvrir !

 

 Embellis-toi, sombre retraite

 Où si souvent il me trouva.

 Il va venir... Mon sang s'arrête,

 Il tarde encor... Mon cœur s'en va.

 

 Je n'y vois plus. Le ciel se couvre ;

 Soulève-toi, nuage épais !

 J'étends les bras, mon œil s'entrouvre...

 Dieu ! C’est un songe, et je dormais.

 

                             Marceline Desbordes-Valmore.

 

 

 

 

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

Marceline Desbordes-Valmore nait le 20 juin 1786 à Douai dans le Nord de la France.

Son premier recueil, « Élégies et Romances » est publié en 1819. Cet ensemble de poèmes la fait connaître et apprécier dans le monde littéraire. Elle reçoit plusieurs prix académiques. Forte du succès rencontré, elle cesse son activité au théâtre pour se consacrer à l’écriture. Elle écrit non seulement des poèmes, mais aussi des nouvelles, des contes pour enfant et même un roman. Le roi lui octroie une pension.

Autodidacte et travailleuse, elle a un tempérament romantique et mélancolique, exacerbé par les coups de la vie. Elle écrit des vers très modernes, originaux, spontanés, pleins de sensibilité et de musicalité. Ses contemporains, Hugo, Lamartine mais aussi Baudelaire, Verlaine, Rimbaud l’admirent.

Elle meurt d’un cancer le 23 juillet 1859 à Paris.

 

 

 

 


Commentaires

 

1. koba  le 11-06-2017 à 09:04:55  (site)

bonjour du vaucluse
je découvre votre blog superbe quel talent
amitié a plus je reviendrais gnéHeyguitrockguitrock

2. jakin  le 11-06-2017 à 10:41:19  (site)

Compliments pour la photo du jour et pour ce texte....Bonne fin de semaine....

3. asdepic  le 11-06-2017 à 11:44:59  (site)

bravo pour la photo du jour bonne journée

4. asdepic  le 11-06-2017 à 12:08:24  (site)

super blog

5. mocasaki  le 25-09-2017 à 08:19:29  (site)

Je découvre votre blog aussi il est superbe... de créativités et de justesse. Un beau travail
merci à vous
Nine

 
 
 
posté le 27-05-2017 à 10:01:45

Absence.

 

 

 

 

 

 

        Absence  

 

Ce n’est pas dans le moment

Où tu pars que tu me quittes,

Laisse-moi. Va, ma petite,

Il est tard. Sauve-toi vite !

Plus encor que tes visites,

J’aime leurs prolongements.

 

Tu m’es plus présente, absente.

Tu me parles. Je te vois.

Moins proche, plus attachante,

Moins vivante, plus touchante,

Tu me hantes, tu m’enchantes !

Je n’ai plus besoin de toi.

 

Mais déjà proche, irréelle,

Trouble, hésitante, infidèle,

Tu te dissous dans le temps.

Insaisissable, rebelle,

Tu m’échappes : je t’appelle.

Tu me manques : je t’attends.

 

                    Paul GERALDY (1885-1983).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paul GERALDY (1885-1983).
Paul Lefèvre, dit Paul Géraldy, né à Paris le 6 mai 1885 et mort à Neuilly-sur-Seine le 10 mars 1983, est un poète et dramaturge français.
Il publie son premier recueil, Les Petites Âmes, en 1908, et connait un très grand succès populaire avec son second recueil, Toi et moi, en 1912.
Son théâtre est un théâtre psychologique traditionnel dans lequel il met en évidence les relations familiales au sein de la petite bourgeoisie intellectuelle de l'entre-deux-guerres.

Sa poésie est simple, parfois naïve et peut sembler aujourd'hui désuète (L'Abat-jour), mais était novatrice à l'époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 
 
posté le 19-05-2017 à 10:08:30

Mobilier scolaire.

 

Mobilier scolaire.

 

L'école était charmante au temps des hannetons,

Quand, par la vitre ouverte aux brises printanières,

Pénétraient, nous parlant d'écoles buissonnières

Et mettant la folie en nos jeunes cerveaux,

Des cris d'oiseaux dans les senteurs des foins nouveaux ;

Alors, pour laid qu'il fût, certes ! il savait nous plaire

Notre cher mobilier si pauvrement scolaire.

A grands coups de canif, travaillant au travers

Du vieux bois poussiéreux et tout rongé des vers,

Nous creusions en tous sens des cavernes suspectes,

Où logeaient, surveillés par nous, des tas d'insectes :

Le noir rhinocéros, qui porte des fardeaux,

Le taupin, clown doué d'un ressort dans le dos,

Le lucane sournois, mais aimable du reste,

Le charançon, vêtu d'or vert, et le bupreste...

J'oubliais l'hydrophile avec le gribouri*.

 

                                                              Paul ARÈNE   (1843-1896)

 

* L'eumolpe (Bromius obscurus) est un insecte coléoptère encore appelé Gribouri ou Écrivain, qui s'attaque à la vigne.

 

 

Paul Arène est né le 26 juin 1843 à Sisteron et mort le 17 décembre 1896 à Antibes. Après une licence en philosophie, il s’installe à Paris, tenté par une carrière littéraire. Il y rencontre François Coppée, Catulle Mendès, et surtout Alphonse Daudet. Avec ce dernier, il écrit de nombreuses chroniques provençales qui seront plus tard rassemblées sous le titre Les Lettres de mon moulin.

 Il retourne fréquemment à Sisteron, auquel il demeure très attaché ; c’est là qu’il écrit en 1868 son chef d’œuvre Jean-des-Figues – il a alors 25 ans. Après son engagement dans la guerre de 1870 (pour lequel il sera décoré de la Légion d’Honneur), il publie des pièces de théâtre, ainsi que des contes et des nouvelles (Paris ingénu, Les Ogresses, La Gueuse parfumée…) publiées en journaux ou en recueils.

En 1889, Paul Arène, malade, s’installe à Antibes, où il écrira La Chèvre d’Or (1889) et Domnine (1894), peinture de la société sisteronnaise. Amoureux éconduit dans sa jeunesse, Paul Arène n’aura ni femme ni enfant. Il est inhumé au cimetière de Sisteron, où l’on peut lire, sur sa pierre tombale, jeu m'en vau l'amo ravido d'agué pantaïa ma vido (je m’en vais l’âme ravie d’avoir rêvé ma vie).

 

 


 
 
posté le 13-05-2017 à 18:38:10

Alphabet spirituel.

Alphabet spirituel

Amour, divin amour, le cœur qui nous possède,

Trouve dans tous les maux le souverain remède!

Bonté que rien n'épuise, à vos fréquents bienfaits,

Pourquoi mon cœur ingrat ne répond-il jamais?

Cœur embrasé d'amour, cœur rempli de clémence,

Vous nous appelez tous, aucun de nous n'avance.

Douceur qui calmeriez les Tigres en courroux,

Vous offrez vos attraits, on s'éloigne de vous!

Espoir des vrais chrétiens, notre unique refuge,

On méconnaît le Père, on ne voit que le Juge.

Fils unique de Dieu, fait homme pour nous tous,

Nous cherchons les plaisirs, quand vous souffrez pour nous.

Glorieux Conducteur, au Ciel notre Patrie,

Vous nous invitez tous; on le voit sans envie!

Humble d'esprit, de cœur, sur vos instructions,

Nous devrions régler toutes nos actions.

Juste de qui nous vient de tous dons l'excellence,

Ne vous en payerons-nous que par l'indifférence?

Lien de Charité, vous voulez nous unir,

Le moindre intérêt peut, hélas, nous désunir!...

 

Miroir de la splendeur qui brille en votre Père,

Vous dardez vos rayons, on ferme la paupière.

Nous n'avons ici-bas que vous seul pour appui.

S'agit-il de prier? Nous cédons à l'ennui.

Oh que vous nous aimez! Avec quelle tendresse!

Et nous, hommes ingrats, vous offensons sans cesse!

Pasteur vous nous donnez votre sang, votre corps:

Que nous répondons mal à vos divins transports!

Que la glace des cœurs est difficile à fondre!

Hélas, que votre amour a droit de nous confondre!

Roi puissant, Créateur de la terre et des Cieux,

Pourquoi recherchez-vous des Pécheurs malheureux?

Source de Sainteté, trésor inépuisable,

Submergez dans vos flots une âme misérable!

Trésor qui vous cachez aux Savants orgueilleux,

Simplifiez notre cœur, montrez-vous à mes yeux!

Vainqueur plein de bonté, vainqueur rempli de charmes,

Je me livre à vous seul, et je vous rends les armes.

 

Perette-Marie Combes des Morelles (1728-1771)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
 

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