posté le 11-11-2017 à 08:34:03

Le vieux pont.

 

 

Le vieux pont.

 

Sur le vieux pont verdi de mousse,

Et tout rongé de lichens roux,

Deux amants parlaient à voix douce :

Et c'était nous !


Lui, penché tendrement vers elle,

Lui disait l'amour et la foi

Qu'il portait en son cœur fidèle ;

Et c'était moi !


Elle semblait, pâle, incertaine,

Tremblante et pourtant sans effroi,

Écouter une voix lointaine ;

Et c'était toi !


Sur le vieux pont toujours le même,

Deux amants ont pris rendez-vous :

Il lui dit, elle croit, qu'il l'aime ;

Ce n'est plus nous !

 

                              Auguste Angellier (1848-1911)

 

 

 

 

Auguste Angellier, né le 1er juillet 1848 à Dunkerque et mort le 28 février 1911 à Boulogne-sur-Mer est un poète et universitaire français, qui fut le premier professeur de langue et littérature anglaises de la Faculté des lettres de Lille, avant d'en être son doyen de 1897 à 1900.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. xx Jahylya  le 12-11-2017 à 10:16:46


C'est toi, c'est moi, c'est personne !
belle image en apparence, or elle est bougrement trompeuse...

L' “A”- mour naît d'une caresse involontaire, d'un dérapage incontrôlé.
C'est comme quand on parle avec quelqu'un au téléphone :
la personne est là sans être là !

Sous les Ponts de Paris, lorsque descend la nuit
L'hôtel des courants d'air ou l'on ne paie pas cher
L' parfum et l' eau c'est pour rien, mon marquis !

Tartufe, serais-tu un chouia radin ?

L'on m'aurait donnée RV sur ce vieux pont, je ne serais jamais venue,
pourquoi pas :

 Le mensonge le plus éblouissant ne m'a jamais persuadée, je suis très méfiante de nature
et fais rarement confiance aux faits et gestes d'un individu.
je fuis les beaux parleurs pour leur côté fourbe / hypocrite.

« La plus grande faiblesse d'une femme serait de croire un dragueur sur paroles,
rien n'est plus mesquine que la duperie. »

Aucun commentaire à part le mien, sauf si tu as daigné supprimer les indésirables,
j'ai connu telle situation, bannie X fois et toujours vivante !

 
 
 
posté le 06-11-2017 à 10:07:56

Chanson d’amour.

 

 

Chanson d’amour.


J’aime tes yeux, j’aime ton front,

 O ma rebelle, ô ma farouche,

 J’aime tes yeux, j’aime ta bouche

 Où mes baisers s’épuiseront.


J’aime ta voix, j’aime l’étrange

 Grâce de tout ce que tu dis,

 O ma rebelle, ô mon cher ange,

 Mon enfer et mon paradis !


J’aime tout ce qui te fait belle,

 De tes pieds jusqu’à tes cheveux,

 O toi vers qui montent mes vœux,

 O ma farouche, ô ma rebelle !


                                    Armand SILVESTRE (1837-1901).

 

 

 

 

 

Armand Silvestre  est un écrivain français, romancier, poète, conteur, librettiste et critique d'art, né le 18 avril 1837 à Paris, mort le 19 février 1901 à Toulouse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 06-11-2017 à 11:10:08  (site)

inconnu pour moi !!!
bon lundi

2. Florentin  le 10-11-2017 à 09:42:28  (site)

Nos conquêtes ne sont pas forcément énamourées. elles se rebellent parfois. Ne nous en plaignons, c'est aussi ce qui fait le sel de l'amour ! Florentin

3. ex Jahylya  le 10-11-2017 à 14:22:41


Ô Rime !
Qui que tu sois, je reçois ton joug et longtemps rebelle, corrigé, je te promets,
désormais, une oreille plus fidèle...
Alors, j'attends de toi une promesse sincèrement tenue ( sans illusion de ma part !)

On n'apprend pas à un vieil ours à danser !

Il y a quelques semaines, j’avais pris une grande décision :
J’avais choisi de mettre un terme à une relation explosive, pour des raisons
qui me sont propres
( car je les avais lavées avant ) ??
sachant que tu te lamentes souvent pour le peu de coms
( leur nombre est primordial, hyper important pour toi )
comme si tu étais rémunéré à la pièce !!!
alors je brise mon faux silence même si je devais t'énerver, ( c'est le cas ), je te mets une complainte d'un poète raté !

Tu es prêt à me lire ou pas ?
Allez, je me lance, quitte à me faire descendre en flammes !

Dans ces nuits d'infortune
Où même la lune est désargentée
Les paupières sont lourdes de ses rêves avortés
Où le poète perdu s'égare dans les dunes.

Dans ces nuits mystérieuses
Où la lune devient frileuse
Et recouvre ses douces courbes
Sous un voile de nuages fourbes.

Dans ces nuits bien trop brèves
Où même les étoiles sont éteintes
Ne reste au poète qu'à écrire ses plaintes
Dans la grève.

Dans ces nuits si noires
Où s'éteint l'espoir
Que vacille la lumière
Les anges font la sourde oreille à ses prières.

Moralité :

C'est d'avoir trop écrit qu'il s'est écroulé
Le poète qui fit rêver toutes ces dames
Des poèmes, il en fit des milliers
Des poèmes qui font qu'on y perdrait son âme
Ils ne sont maintenant qu'en lettres sur papier
Son cœur n'a pas tenu, mais loin d'être oublié
C'est en lisant ses mots que les “Belles” se pâment.

4. ex Jahylya  le 10-11-2017 à 21:55:29



Aurais-tu un manque de confiance en toi ?
Tu sais, à force de te dispatcher sur plusieurs blogs, tu finis par lasser
les blogueurs, car même s'ils te lisent, il faut disposer d'un temps adéquat
pour laisser un com partout, quand je vois tes coms de moindre valeur,
certains me semblent bien plats, comme " bravo pour la photo du jour " ou " beau poème " à quelques exceptions près,
tu te contentes vraiment de peu, je te croyais au-dessus de ça...
Quelle satisfaction en puises-tu ? De l'admiration ?
Faut pas rêver mon cher, la réalité est tout autre, chacun tire sa couverture vers soi,
les gens sont égoïstes et se foutent pas mal des autres.
Si j'étais toi je ne publierai pas mon com, il pourrait nuire à ton image de macho,
j'ai eu tort de revenir, amuse-toi bien si ce statut te convient, moi j'ai déserté
sans regrets.
Salut Poète

P.S.
j'ai mis " ex " car mon ancien pseudo tout court est refusé comme si j'existais encore sur Vef.
quelle farce, j'ai l'impression d'avoir été larguée par un mec !
smiley_id117197smiley_id1464777

 
 
 
posté le 02-11-2017 à 08:29:58

L'automne.

L'automne.

 

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !

Feuillages jaunissants sur les gazons épars !

Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature

Convient à la douleur et plaît à mes regards !

 

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,

J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,

Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière

Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

 

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,

A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,

C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire

Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

 

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,

Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,

Je me retourne encore, et d'un regard d'envie

Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

 

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,

Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;

L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !

Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

 

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie

Ce calice mêlé de nectar et de fiel !

Au fond de cette coupe où je buvais la vie,

Peut-être restait-il une goutte de miel ?

 

Peut-être l'avenir me gardait-il encore

Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?

Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore

Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...

 

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;

A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;

Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,

S'exhale comme un son triste et mélodieux.

 

                         Alphonse de LAMARTINE   (1790-1869)

 

 

 

 

Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier, dramaturge français, ainsi qu'un homme politique qui participa à la Révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France.

 


 


Commentaires

 

1. p1a1s1c1a1l1  le 02-11-2017 à 15:59:50  (site)

superbe , bonne journée

2. Florentin  le 02-11-2017 à 18:07:17  (site)

Beau texte, classique au point que nous le connaissons tous pour l'avoir étudié en seconde ou en première. En tout cas de mon temps. C'est bien de l'avoir ressorti de ta bibliothèque à ce moment de l'année: crépuscule de la vie et de l'année en ses saisons. Florentin

 
 
 
posté le 31-10-2017 à 08:23:54

Fafou.

Fafou

 

 Chimère, dromadaire, Kangourou?

 Non. Rien que cette ombre chinoise,

 Fafou, sur la fenêtre, à contre-jour, Fafou,

 Toute seule et pensive… Un fuchsia pavoise

 L’écran vert derrière elle, et j’entends, à deux pas,

 Des oiseaux qui l’ont vue et s’égosillent.

 

 Fafou se pose en gargouille. Un œil las

 Semble à peine s’ouvrir dans son profil où brille,

 Cependant, quelque chose, on ne sait quoi d’aigu…

Par là, se cache un nid d’oisillons nus

 Pour qui la mère tremble – Fafou songe.

 

 Un tout petit pétale rouge, qui s’allonge,

 Marque d’un trait sa gueule fine… Un bâillement.

 Puis un autre… Fafou dormait innocemment.

 Fafou dormait, vous dis-je! Elle s’étire,

 La queue en yatagan,

 Puis en cierge; le dos bombé, puis creux. Le pire,

 C’est qu’elle n’a pas l’air de voir, s’égosillant,

 La mère-oiseau dans l’if si proche…

 

Une patte en fusil, assise, la voilà

 Qui se brosse, candide, et sa robe a l’éclat

 D’un beau satin de vieille dame où se raccroche

 La lumière du soir.

 Une dame? Ou quelque vieux diable en habit noir?

 

 Fafou, je n’aime pas ces yeux d’un autre monde,

 Ces yeux de revenant… Tout à l’heure croissants,

 Maintenant lunes rondes,

 Pourquoi ces trous phosphorescents

 Dans cette face obscure? Sur la toile

 Qui se fonce, elle aussi – la toile du jardin

 Où les pendants des fuchsias sont des étoiles

 La robe d’un noir vif s’éteint…

 

Elle n’est plus qu’un badigeon d’encre ou de suie,

 Un pelage sinistre! Où l’as-tu pris

 Ce noir d’enseigne de chat noir lavé de pluie?

 

 Chat noir ou lion noir? Chauve-souris,

 Chouette, quoi? Je ne sais plus. Sur la fenêtre,

 Une tête où l’oreille plate disparaît…

Lézard, couleuvre ou tortue? Ah! Si près,

 L’oiseau même ne sait qui redouter, quel être

 Fantastique et changeant va ramper cette nuit

 Dans le jardin au noir mystère de caverne!

 

 Du noir, du noir… Un point luit,

 Deux points… deux vers luisants, vertes lanternes…

Fafou, je ne veux pas!

 D’où reviens-tu, démon, de quel sabbat,

 De quelle grotte de sorcière,

 Lorsque tes yeux me font cette peur, tout à coup?

 

 C’est l’heure des gouttières,

 De la jungle! Foulant, d’un piétinement doux,

 Une vendange imaginaire, sur la pierre,

 Quelle arme aiguises-tu? Je ne veux pas, Fafou!

 Viens sous la lampe! Un ruban rose au cou,

 Un beau ruban rose de jeune fille, rose pâle,

 Je te veux, comme en haut d’une carte postale,

 

 Une petite chatte noire, voilà tout…

 

                                                                 Sabine Sicaud.

 

 

 

 

 

Sabine Sicaud, née le 23 février 1913 à Villeneuve-sur-Lot et morte le 12 juillet 1928 (à 15 ans) dans la même commune, est une poétesse française.

Dès l'âge de 6 ans Sabine griffonne des poèmes et parle aux arbres, aux plantes aux animaux qui l'entourent et dont elle paraît connaître l'âme.

Ses Poèmes d'enfant, préfacés par Anna de Noailles, ont été publiés lorsqu'elle avait treize ans. Après les chants émerveillés de l'enfance et de l'éveil au monde, est venue la souffrance, insupportable. Atteinte d'ostéomyélite, appelée aussi la gangrène des os, elle écrit Aux médecins qui viennent me voir :

Faites-moi donc mourir, comme on est foudroyé

D'un seul coup de couteau, d'un coup de poing

Ou d'un de ces poisons de fakir, vert et or... »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 27-10-2017 à 10:16:39

Le crépuscule.

 

  

Le crépuscule.

 

Le crépuscule gris par ma vitre regarde ;
Et, comme s’il avait le regret de finir
Submergé par la nuit noire qui va venir,
Le crépuscule gris à ma vitre s’attarde.
Mon rideau se teint d’ombre et chaque objet se farde
Et s’enveloppe lentement, sans se ternir,
De ce jour ténébreux qu’on ne peut définir
Mais que l’œil, même en plein soleil, évoque et garde,

Le crépuscule meurt. Tout est brun sous le ciel.
Ce que l’on voit dehors ne semble plus réel.
La ville disparaît couverte d’un grand voile…
On ne sait si le soir a vécu, si la nuit
Règne enfin un point bleu dans l’obscurité luit.
Le crépuscule est mort à la première étoile.


           Albert Lozeau.

 

 

 

 

Albert Lozeau ( Montréal, 1878 - Montréal, 1924 )

Poète, il fait ses études à l'Académie Saint-Jean-Baptiste mais devenu paralysé à l'âge de dix-huit ans, il se consacre alors entièrement à l'écriture.

 Il fut membre de la Société royale du Canada en 1911 et Officier d'Académie du gouvernement français en 1912.

 Albert Lozeau s'est attaché à décrire ses émotions et sa solitude dans  L'âme solitaire  (1907) ainsi que son univers intime et nostalgique dans Le miroir des jours (1912).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. Florentin  le 28-10-2017 à 11:55:49  (site)

On imagine ce que fut le vie de ce poète que la vie a si cruellement traité et l'on comprend que ses rimes aient, comme ici, une teinte aussi mélancolique. L'art poétique a ses plus grands auteurs chez les maltraités de la vie. Florentin

 
 
 
posté le 23-10-2017 à 10:04:59

Sonnet mélancolique.

  

Sonnet mélancolique.


                                     Pour nous, Maman.


J’ai perdu la douceur de l’ardente jeunesse,

J’ai perdu l’espérance et j’ai perdu l’amour,

Je ne crois même plus, dans le déclin des jours,

À ces rêves dorés qui chassaient la tristesse :

 

Je reste sans désir, comme une âme en détresse ;

Que m’importent les gens qui vous disent : toujours !

Je sais que c’est fini, le destin reste sourd,

Et plonge dans mon cœur le poignard qui me blesse.


J’ai donc gâché ma vie, si belle et si féconde !

Moi, qui croyais tenir et dominer le monde,

Un unique regret me torture parfois :


C’est d’avoir méconnu et délaissé ma Mère,

Qui mêlait aux conseils de son amour sincère

Les baisers contenus dans l’urne de sa voix...


                     Jacques d’Adelswärd-Fersen (1879-1923)


 

 

 

Jacques d'Adelswärd-Fersen, né le 20 février 1879 à Paris 8e et mort à Capri le 5 novembre 1923, est un poète et romancier français. Aristocrate et dandy, il est connu pour avoir créé Akademos, la première revue homosexuelle française.

L'écrivain Roger Peyrefitte lui a consacré en 1959 un roman, L'Exilé de Capri, en partie inspiré de sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


Commentaires

 

1. Florentin  le 24-10-2017 à 17:31:12  (site)

Le désert des amours perdues ...

 
 
 
 

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